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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 06:59

Hasard du calendrier, le début de ce cycle se transforme en semaine de relâchement car ce dimanche c'est le marathon de Paris. Comme annoncé précédemment, je vais à ce marathon non pas pour me tester sur l'allure 100 car c'est ce que je fais seul tous les dimanches, non plus pour titiller un chrono perso mais pour accompagner Sophie dans sa tentative de premier marathon. C'est un super challenge pour elle et de mon coté c'est un plaisir d'y contribuer. Nous ne nous connaissions pas vraiment avec Sophie avant le semi marathon de Blagnac début mars. On avait déjà fait quelques séances ensembles il y a quelques années (je me rappelle c'était peu avant les JO de Pékin) lorsque je débutais l'athlé en club. A ce moment là, je n'avais entre guillemets pas grand chose à apporter mis à part un soutien dans les séances. Franchement, le souvenir que j'avais d'elle n'était pas très bon. Elle s'imposait des règles que je ne comprenais pas. Elle paraissait plutôt fermée. C'est l'impression qu'ont pas mal de gens sur la région. Beaucoup de "on dit".... Mais qu'en est il réellement ?

Et puis, moi même j'ai évolué dans ma pratique. J'ai aussi évolué dans ma façon de penser. J’essaie au maximum de juger que ce que je connais et de nos jours ce n'est pas si évident. L'individualisme, le paraitre et la liberté donnée aux gens de faire des choses différentes font que l'on peut être vite "catalogué".

Donc voilà, le semi marathon de Blagnac, nous a permis de débuter une relation tout d'abord de travail: moi assumer mon rôle sur ce semi et elle accepter mon expérience et se remettre en question même si elle a connu le plus haut niveau. Puis rapidement la confiance s'est installée de chaque coté. Elle a vu que j'étais pro dans ma démarche et j'ai découvert la vraie Sophie en dehors des "on dit". Et puis comme je disais, j'ai évolué moi aussi. Je comprends tout à fait ses façons de faire. Quand on est dans un sport aussi dur et finalement à haut niveau dans l'athlé on est plutôt esseulé en France, chacun met en place ses stratégies et ses moyens pour être performant. Et tout est respectable. Bref, la vraie Sophie a du caractère (de championne !) et c'est aussi une personne respectable, pas si fermée que cela envers les autres. Elle a du cœur, du respect et une ténacité énorme. C'est une belle rencontre. Notre relation a donc évolué de façon amicale et légèrement complice car il en faut pour dimanche. Je serais son guide. Elle avancera dans l'inconnu sur cette distance. Je lui apporterai mon vécu. Elle essaiera de calmer sa fougue pistarde. Je lui montrerais le chemin de la patience. Elle met une partie de son long travail de préparation entre mes mains. Je ne peux décevoir et je pense fortement que la réussite est là toute proche. Je lui souhaite de tout cœur.

Avant tout cela, voici brièvement ma semaine.

Lundi, jour férié, j'ai fait 50 minutes de footing de récup après ma course de dimanche et j'ai aussi pu prendre le temps de faire abdos, lombaires et gainage.

Mardi, la séance la plus intense consistait en 12*30"-30" !!! Puis mercredi footing 40 minutes et jeudi 30 minutes et 10 lignes droites.

Vendredi repos complet !! Et oui cela m'arrive :).

Samedi matin, c'est 25 minutes et 4 lignes droites. Puis départ vers 10h à l'aéroport.

Lorsque j'arrive à Paris, je suis pris en charge par Gwenaël, un bénévole qui me ramène en voiture à l’hôtel. Cool car les transports en commun à Paris avec des bagages, c'est pas trop mon trip. A peine arrivé, je file direct manger car c'est presque l'heure de fin du service. Je revois Jeff Pontier manager hors stade de la Fédé. Je discute avec quelques bénévoles. Certains vont partir au salon du running. OK je pars avec eux. Juste le temps de prendre ma chambre et de déposer mes affaires. C'est qu'il est 15h passé. Je passe un petit moment au salon ou je vois essentiellement Ramiro mon commercial préféré Ergysport. Toujours sympa de discuter avec lui. Puis il est déjà l'heure du retour. Je le ferais moitié en Tram moitié à pied. Je retrouve enfin Sophie et Max.

Début du dernier cycle de travail
Début du dernier cycle de travail

Et tout s'enchaine car à 18h c'est l'heure du briefing avec tous les athlètes. Un panel des meilleurs français(es) du moment sont là et tous les favoris Africain(e)s. Sympa de voir l'envers du décor du marathon de Paris ! On nous donne notre dossard et des bidons pour y mettre nos ravitos perso. Le temps de remonter à la chambre et de remplir les bidons, il faut déjà redescendre pour les donner et partir manger.

Début du dernier cycle de travail

On mange en compagnie de Corinne Herbreteau, Aline Camboulives et Yohan Durand. Allez retour à la chambre. Je me couche vers 21h 21h30. Ce fut la course depuis mon arrivée. Je pense que je suis arrivé un peu trop tard dans la journée et/ou je n'aurais pas du aller au salon. Mais bon j'avais envie d'y être pour mes partenaires. Je ne dors pas très bien comme une veille de marathon. Pour tant je ne suis pas stressé car je connais mes possibilités sur les allures requises. Non, je ne dors pas bien car je ne suis pas chez moi je pense : je me fais vieux ca y est :) .....

Dimanche. 5h15 debout ! Le réveil était pourtant à 5h35. Je suis réveillé et Jean Damascene, collègue de chambre, se réveille aussi. On file au petit déj. La nuit a était courte pour beaucoup. Ca cogite une veille de marathon. A cette heure ci Sophie n'est pas trop stressée. Bon. Aller je remonte me préparer. Le départ est prévu à 7h en bus. Nous arriverons au milieu des Champs Élysées (presque vides) vers 7h15. Petite séance photo. Merci Yohan !

Début du dernier cycle de travail
Début du dernier cycle de travail

On part s'échauffer avec Sophie à 7h45. Je ferais un peu plus long qu'elle. Puis vers 8h25, on nous appelle pour rejoindre (en sens inverse de la course) la ligne de départ. Les Champs sont noir de monde!!! On arrive telles des stars. Cela me fait sourire. Mais je commence à me fermer car l'heure est proche, il faut se concentrer pour tout maitriser et respecter les allures définies. Et c'est parti. On est plutôt sur du 3'20 au kilo car le début est en descente. Tout doucement on se cale et on passera au 1er kilo en 3'29. L'allure souhaité est 3'32. Le début du marathon se passe comme tout début. Les jambes sont un peu lourdes et elles commencent à se délier que vers le 5eme kilo. Sophie me dira la même chose après coup. On est régulier et on se retrouve avec un groupe de garçons. On est 2 ou 3 à mener le groupe. Moi cela ne me dérange pas je suis là pour ça. Je ne fais un pointage qu'a partir du 10eme kilo. 35'20 pour Sophie. A la seconde près ! Je passe quelque secondes derrière car je vais la laisser passer devant pour tous les ravitos afin qu'elle est la vue dégagée pour visualiser sa bouteille. Les gars du groupe vont comprendre rapidement et feront de même: génial les gars ! A part un abruti qui nous filera même des coups de coudes en permanence pour se placer alors qu'il n’arrête pas de zigzaguer sur la voie. Il m'obligera même à le contourner pour que je puisse prendre mon ravito. Bref.. revenons. Avant le passage au 15, Sophie m'alerte sur une légère faiblesse. On temporise un peu. Et oui c'est Paris. Avant le 5 ca monte, Au 12-13 ca monte. Entre temps des petites relances. Et un vent dans certaines lignes droites qui perturbe. Pas simple. Mais tout rentre dans l'ordre rapidement. Après le 16, la partie descendante est là. Euh au fait on passe au 15 en 53'07. On est en retard de ...7 secondes. Ca va vu le profil du chemin effectué. Dans la descente on file mais je fais attention a ce qu'elle ne parte pas dans du 19km/h. Elle en est consciente. Pour ma part au ravito du 15, je n'ai pas ma bouteille ... vite je vais en face et je prends de l'eau. Un petit effort et je rattrape Sophie. A tous les ravitos, la laissant passer, je ferais un effort irrégulier pour la rattraper. J'ai peur que cela me laisse des traces sur la fin. On est quand même sur les bases de 2h29'05 au marathon. Si je commence à mettre des à coups et à faire du trajet en plus, cela va revenir à faire un marathon en 2h26-2h27 pour moi !

 

Début du dernier cycle de travail

Ce qui est par contre galvanisant ceux sont les encouragements pour Sophie à notre passage. Je m'en sers et je les prends pour moi aussi. A des moments on passe à travers une foule conséquente très proche de nous (image du Tour de France dans les montées de col) : cela donne des frissons. On passe le 20 tout va bien. On arrive maintenant au semi. Sous l'arche, je regarde le chrono mais en fait c'est le kilomètre 21. Le semi est juste après (bizarre ??!!). On se fait tous avoir. Donc passage au semi en 1h14'32'' ou 33''. Donc à la seconde près sur nos bases. Plus nous attaquons les quais de Seine. Là, Sophie se touche la fesse et elle me dit un peu plus loin que ça lui tire. Elle avait déjà eu un début de douleur comme cela dans la semaine. A un moment donné, je suis encore en tête du groupe mais Sophie commence à décroché légèrement. Je ralenti. Le groupe prends quelques mètres et file. Ce n'est pas grave, avec Sophie on est toujours dans le coup. Je l’emmène seul maintenant.On attaque les fameux pont des quais. Le premier est un gros tunnel de presque 800m à la louche. On ne lâche rien et surtout on amorti en restant souple à la sortie car cela grimpe. on passe les autres, beaucoup plus court mais à chaque fois c'est une belle montée en sortie. Et puis .... 29eme kilo.... Coup d'arrêt. Sophie s'arrête. Je me retourne et en une fraction de seconde je lui dis: non ! non !! pas maintenant ! allez on y va ! Et elle repars. Je redouble d'effort pour la soutenir moralement. On freine l'allure aussi mais je lui dis que ce n'est rien cela va repartir. Il faut juste attendre 2 ou 3 kilomètres. On passe au 30eme : 40 secondes de retard. On est toujours bon (Sous les 2h30). Mais malheureusement, l'allure faiblit, la future première française nous passe. On passe le 32 et un peu plus loin Sophie s'arrête. Je n'insiste pas trop. Elle me dit en fait qu'elle a les fessiers et ischios complètement pris. Aie ! Je connais : cf ma blessure de début 2014. Comme par chance son homme Max est à cet endroit là pour l'encourager. Il arrive. On discute de ca. Elle a du mal à marcher... et je la comprends. Je trouve un moyen de lui faire s'étirer les lombaires. Cela lui atténue un peu les douleurs. Bon ben l'aventure est finie. Je crois que c'est presque aussi difficile pour moi que pour elle. Quand je suis dans un objectif, j'ai du mal à me résoudre à m'arrêter. Relativisons moi je n'ai pas d'enjeu. J’espère que moralement cela ira pour elle. Je pense aussi qu'elle en a vu d'autres. Ce n'est aussi qu'un coup d'essai. C'est une bonne expérience sur une préparation marathon et sur un 3/4 de course. Sophie et Max rentrent donc ensemble en transport en commun.

Moi je continue l'exercice. Je repars en entrainement 100km. C'est marrant, par réflexe, sur les deux fois ou l'on s'est arrêté avec Sophie, j’ai machinalement comme à l'entrainement, stoppé mon chrono. J'aurais donc l'indication officieuse de mon temps sur la distance. Outch ! C'est quand même dur de repartir après un arrêt assez important. En fait je vais voir au 35eme avec le chrono de course que j'ai un décalage de 10 minutes à quelques secondes près. Autant je suis repartir sur du 3'38 au kilo, autant rapidement, je passe en 3'50 car je sens que je tire trop sur la machine et que pour la suite de ma prépa il ne faut pas avoir trop de traces musculairement parlant. Je déroule au maximum et de toute façon je ne me voyais pas rentrer en métro. Je double des personnes qui me reconnaissent. Vers la fin je me cale même avec un coureur habitant proche de Toulouse. Je l'aide et lui laisse champs libre sur la dernière ligne droite. Il m'en remerciera mais ce fût un plaisir. Voilà donc je passe la ligne en 2h44'56. Il y a plus de monde que lorsque j'avais fait ma perf ici même. Moi mon chrono m'indique 2h34'53. Ben c'est pas mal tout ça. Je file au bus Elite. J'y retrouve masculin et féminine pour prendre connaissance de leur parcours respectif. Pas mal de casse aujourd'hui. Je retiens les beaux chrono de Karine Pasquier, Corinne Herbreteau et coté masculin Yohan Durand et Timothée.

Un petit moment sympathique aussi. Ma rencontre "enfin" avec Christelle Daunay. On s'échange des mails depuis 2 ans environ mais on ne s'était jamais rencontré. Mon bref échange confirme mon impression, elle est d'une profonde gentillesse. Ce fût un plaisir.

Nous rentrons à l’hôtel. Douche, repas du midi, valise et retour vers Toulouse. Week end bien rempli. Je suis crevé.

Voilà, fin du premier chapitre pour Sophie. La page va se tourner, le plus beau reste à écrire. Je crois en elle. Je sais maintenant qu'elle peut faire quelque chose de très bien sur marathon. C'est peut être dur, mais commencer par un "échec" est le plus profitable et avec persévérance est gage de réussite.

Bon pour ma part, au bilan de la semaine, je suis à 94km. light mais avec un 32km à 17km/h. La semaine prochaine va être light aussi pour bien récupérer du marathon et ne pas reproduire l'erreur d'avant les mondiaux. Cela tombe bien je serais en vacances avec mes enfants. Bonne semaine à tous.

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Published by jeromebellanca - dans Blog
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