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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 10:41

Mardi 18/11/2014. Ca y est, après un trajet Toulouse Paris avec Jérôme Andrieu, nous retrouvons toute l’équipe de France à Roissy. On passe les contrôles sans soucis avant d’arriver dans le hall d’accueil de Qatar airways. Là une première surprise. La compagnie inaugure son A380. Donc petits fours, champagne et autres à volonté pour tous. Enorme, il fallait tomber sur le jour J. Bon pour nous pas cool avant une compét mais pour le staff ca l’a fait !

Et donc nous embarquons sur un A380. Et bien même en classe éco, c’est top. On a de la place. Des écrans tv tactiles. Choyés sur les collations. Même si on voit défiler les bouteilles de champ’ et autres sans pouvoir y toucher.

On arrive à l’hôtel de Doha vers 1h du matin. Doha2Le Torch Hotel. Un hôtel en forme de torche olympique ou l’on ne comptera pas le nombre d’étoiles au guide des globe trotters. Le temps de faire les papiers, nous (avec Jérôme Andrieu, 2 par chambre) prenons possession de nos chambres vers 2h. Je ne vous raconte pas les détails de la chambre. Les lits sont contre un mur tout en cuir. L’épaisseur du matelas est d’environ 40cm. Doha9Il y a deux fauteuils tout cuir avec une table basse. Il y a une tablette tactile dans chaque chambre qui permet de contrôler la TV, les rideaux, les lumières, la musique, accès à internet, etc etc … La salle de bain est énorme avec douche et baignoire. Tout est en marbre à l’intérieur. Bon on passe sur le reste et ….on va se coucher.

Mercredi 19/11/2014. En se levant, on découvre un peu plus l'hôtel. On a rdv à 9h30 au petit déj. On commence à essayer de se décaler un peu pour le jour de la course. Doha8Doha10

 

 

 

 

 

 

 

Après un bon petit déj, on se retrouve à faire une visite organisée du centre sportif à coté de l'hôtel avec toutes les nations présentes pour l'épreuve. C'est énorme. Le dôme comme nous l'appellerons est une enceinte couverte entièrement climatisée et comprenant à l'intérieur : une piste d'athlé de 200m, une piscine olympique, un terrain de foot, plusieurs terrains en parquet multisports (hand, basket ...), un endroit avec une dizaine de table de ping pong et j'en passe. C'est carrément hallucinant et ce qui va l'être encore plus c'est qu'ils nous disent que c'est réservé aux seuls athlètes de haut niveau du pays c'est à dire environ 200. Nous en France on en mettrait 5000, minimum !!! Du coup toutes ces installations sont désertes et neuves. Dans l’après midi, on fera une séance kiné pour récupérer de l’avion et un footing à l’heure du départ de la course. Le soir, l’extinction des feux se fera vers  minuit (dur de se décaler).

Jeudi 20/11/2014. 7h40. La sonnette de notre chambre sonne. On ne comprend pas tout au début. Puis ca re sonne. On ouvre. Là un gars nous dit qu’il faut s’habiller et que moi (pas Jérôme) je dois partir au contrôle anti dopage. Dommage pour le décalage horaire qu’on essaie de s’imposer. En fait je me retrouve avec Michael Boch et Régis Raymond. Ils prennent les gars ayant les meilleures références chronométriques. Le gars nous dit qu’il y en a que pour 20 minutes. Euh je reviendrais à l’hôtel vers 9h40. Après le petit dej et deux ou 3 choses, avec Jérôme on sort pour un footing de 20 minutes sur les coups de midi pour une reconnaissance du parcours : approximative car le tracé n’est pas encore fermé. On voit de suite que le parcours va être essentiellement sur des pavés et du marbre (à ce moment là, je ne me focalise pas sur cela, vu qu’on pense plus à la chaleur et à l’humidité). Dans l’après midi, on va faire un briefing avec le staff puis on part à la cérémonie d’ouverture. Doha4Dans les règles de l’art !! Sans suivra la pasta party. Doha3

 

 

 

 

 

 

 

Enfin une pasta party comme celle là on n’en trouve jamais. On est installé sur des tables comme à un mariage. Et sur les cotés des buffets à volonté, avec de tout et accessoirement des pates. Pour ma part, je vais essayer de me faire un repas diététique.

Vendredi 21/11/2014. Le réveil se fait en douceur. La journée va en être de même. On passe une bonne partie de la journée à ne rien faire. Si ! on préparera méticuleusement les ravitos du soir. L’attente est longue. Je me répète souvent mes allures de course. Et puis la nuit tombe. Il va falloir se changer et y aller.

La course

Ce soir il fait bon. Certes la température est de 25°C mais un léger vent nous rafraichi. Je suis concentré. Je me dis que j’y suis. Il faut que je donne tout. Il faut que je montre que je ne suis pas là par hasard. Je me répète dans ma tête les allures définies pour ne pas non plus faire n’importe quoi et péter au 80eme. J’ai pleins de choses à prouver. On m’a parlé tellement souvent de Top10 ou Top5, de champagne et de resto. Et puis moi j’y crois avec mon entrainement de dingue, mes allures du dimanche et mes chronos sur les dernières compétitions (marathon de Toulouse par exemple). Avec le recul, je me demande s’il ne me tardait pas la fin de la course, déjà avant même le départ !

Aller on se positionne dans le sas. Le décompte commence à 1minute. Puis 20 secondes et le fameux 5,4,3,2,1. C’est parti, sans trop de bousculades. Je suis dans le premier tiers. Je vais découvrir le parcours dans son intégralité sur ce premier tour de 5km. Nous avons fait une reconnaissance la veille mais une partie n’était pas fermé à la circulation donc on ne connait pas trop le tracé exact.

Après la ligne de départ/arrivée, on file tout droit sur des pavés pendant 300m, puis on bifurque à 90° sur la gauche avec une légère montée. Là je me souviens avoir regardé mon chrono : allure moyenne 3’45/km !! Ah bon ?? mais j’ai l’impression de me trainer. J’en profite pour me caler derrière un des prétendants Steve Way (6h19’ cette année). On passera au premier kilo en 3’48. Au bout de cette montée, un virage à droite à 90° et on commence un secteur qui est pavé lui aussi mais dont ceux-ci sont irréguliers et non plat. Les mollets et quadri vont déguster à la longue pour compenser ces irrégularités. Cette partie va durer un kilomètre environ. 150m après ce virage ils ont installé des gros ventilateurs. On a le choix d’y passer à travers ou non. Moi j’y suis passé 2 fois je crois. En fait c’est une grosse soufflerie qui donne l’impression de rafraichir mais qui déstabilise tellement ca souffle et qui en ayant bien sué vous permet de … choper la crève !!

100m plus loin virage à 90° sur la gauche. On se retrouve dans la partie la moins éclairée du parcours et avec personne sur les cotés. Va pas falloir être mal ici car entre l’éclairage, l’impression d’être seul au monde et les pavés irréguliers, ca va pas le faire. Je suis toujours calé avec le groupe qui se dessine. Le parcours a tendance à légèrement redescendre, puis le secteur devient plus éclairé. Un premier poste de ravitaillement y est installé. On file. Au bout, un virage sur la droite en descente et à 180°. On récupère une partie de route … goudronnée. On sent de suite la différence. On a l’impression de mieux avancé et de moins taper. Là la route remonte légèrement sur 600m environ. Au milieu on passe le panneau du 2eme kilo. Je reste dans le groupe. On est toujours en 3’48/km et déjà un autre groupe est parti sur des allures encore plus rapides avec notamment l’italien Calcaterra champion du monde en titre. A la fin des 600m, c’est un demi-tour qui nous attend autour de plots de voirie pour repartir dans l’autre sens. La route redescend donc un peu mais là nous avons le vent de face. Protéger dans le groupe je me laisse porter. On passe devant le panneau du 3eme kilo. Tout doucement je me mets en fin de peloton car je me dis que ca va vite. 400m plus loin la partie goudronnée se termine : elle ne durera au final que 1.5km environ sur toute la boucle. On commence à bifurquer sur la gauche et cela remonte. On court maintenant comme au début sur des pavés réguliers. A droite un 2eme poste de ravitaillement. Puis ca remonte franchement sur quelques mètres, on passe sur un sol en gros carreaux de marbre (comme on peut en trouver dans les stations balnéaires) en virant sur la droite. On aperçoit de l’autre coté les postes de ravitaillements de chaque nation. Doha5On passe le kilo numéro 4. 200m après c’est un nouveau 180° pour revenir vers les postes de ravitaillement. C’est la ferveur du premier tour. Passage de bouteille sans encombre. Je me suis décroché de quelques secondes du groupe. Une fois passé cette zone, on tourne sur la droite à 90° et à 150m c’est un nouveau virage à 180°. Autre poste de ravitaillement. Pour l’instant je ne me sers que de mes propres boissons d’effort. A ce moment là le parcours est plat, toujours sur du marbre et on dévie sur la droite pour prendre un virage à 120°, se remettre sur des pavés et rattraper la ligne droite d’arrivée. On se méfiait des conditions climatiques mais pas assez du parcours !!!

Voilà. 1 tour de fait. 19’10. C’est rapide trop rapide. Pourtant c’est facile. Je décroche totalement du groupe, je sais que cela ne va pas se gagner dans des temps comme ceux là. Et si je continue je vais à ma perte. Pourtant je navigue souvent sur du 3’53-3’54. Cela représente vraiment à ce moment là une allure de footing. Par contre en faisant ainsi je me retrouve seul. Au 2eme passage dans la zone de ravito, Christophe (notre manager) me signale justement de ne pas m’isoler. Mais étant déjà rapide par rapport aux allures prévues, je ne peux pas recoller devant et je ne sais pas si il y a un groupe derrière. Première erreur : j’aurais du demander et ou regarder dans les virages notamment. Deuxième tour : 19’52. Bon c’est mieux. Des concurrents reviennent sur moi justement en début de 3eme tour. Ils passent devant et je me cale. Mais là le rythme diminue et on passe au dessus des 4’ au kilo. Pas possible pour moi, pourtant j’ai de l’avance car le plan était de faire du 4’/km jusqu’au 50eme minimum. Avec les conditions je m’étais même dis de tenir cette allure jusqu’au 60 ou 70 et de voir après si je pouvais accélérer. Alors je repasse devant et je m’isole mais je reprends mon rythme. Au ravito, petit couac sur ma bouteille : c’est ca d’être deux Jérôme dans l’équipe. Cela m’énerve un peu. Après la course, j’y repense et je me dis que ca aussi ce n’est pas moi. Je peux m’énerver pour ca dans le dernier tiers de course mais pas au 15eme kilo. J’étais vraiment stressé.

 Je vais faire le 3eme tour en 19’29. Que m’a-t-il pris ? Je ne sais pas. Je ne l’explique pas. Ce n’est vraiment pas dans mes habitudes. Pris par l’enjeu. Pris par la pression. Pris par des objectifs. Pris par mes chronos à l’entrainement. On me voyait déjà dans les 10 voir les 5. On sortait déjà le champagne ….alors que j’étais encore sur Toulouse !! Bref … tout va pour le mieux pour l’instant. Les jambes tournent. 4eme tour 19’26. 5eme tour19’43. 6eme en 19’52. Et puis dans un virage je glisse sur un pavé et ma chaussette droite vient se coincer dans le pli sous le pied, en plein milieu de la plante. Je continue et j’essai de bouger mon pied pour remettre ca dans l’ordre, rien n’y fait. Tant pis je ne m’arrête pas. D’autant plus que pour ce 100km, je ne me suis pas arrêter pour uriner. Alors vous pensez bien que je ne vais pas perdre un temps précieux pour défaire ma chaussure. (Mais qu’est ce que j’avais ce jour là en tête ??? comme ci 30 secondes allaient changer quelque chose). Je vais donc commencer à avoir une ampoule sous le pied. Elle éclatera vers le 75eme je crois mais là ne sera plus le problème.

Doha6Je commence à sortir des chronos proches des 4’/km et ainsi atteindre le 50eme sur des bases raisonnables. 7eme tour en 19’59. 8eme en 20’11. Mais voilà, je ne comprends pas ce qu’il se passe. Dès le 40eme, j’ai les quadriceps qui se grippent. Je ne commence pas à avoir les jambes lourdes, ca je sais ce que c'est. Non j’ai les muscles qui se crispent, restent tendus. Ca je ne connais pas ou alors sur l’après 100 ou marathon. 40eme ! Pas possible ! Je suis en presque 2h38. Je fais ca tous les dimanches et je vais même plus vite. Il y a tout juste 1 mois je terminais le marathon de Toulouse (42.2km) en 2h30 en ayant 200km dans les jambes au départ. Que m’arrive t il ?

9eme tour en 20’20. 10eme en 20’34 et passage au 50km en 3h18’37. Mais mes jambes ne s’arrangent pas. Ca m’inquiète. Et effectivement c’est la dégringolade. 11eme en 21’02, 12eme en 21’23. Je suis au 60 en 4h01’02. Certes bases de 6h41’43 mais je suis mal. Ma douleur sur les quadri est montée à x12 ! 13eme tour je pers énormément : 21’54. Et ca continue avec une minute de plus sur le tour d’après : 22’57. Je suis au 70eme. Je ne me pose plus de question par rapport au chrono je me demande comment je vais pouvoir terminer. Il reste 30km et mes quadriceps sont tétanisés !!!!!!!!!! C'est-à-dire qu’à partir de là, je ne peux presque plus plier les genoux et à chaque pas c’est des milliers de lames de rasoir qui viennent me cisailler les muscles. Je ne sais pas comment dire, c’est indescriptible.

La longue agonie commence. Je pense abandonner 40 fois. Aussi fort que je puisse être mentalement, cela devient du supplice. A chaque fois que je vais passer devant le ravitaillement, je vais me sentir mal. Intérieurement je me cache car j’entends déjà les critiques. Mais je vous assure que ce qui m’arrive là n’est pas normal. Avec ce que j’ai fais comme prépa et mes indicateurs pendant la prépa, même en partant vite pour un 100km, je ne peux pas avoir les muscles crispés dès le 40eme. Au pire, ca aurait pu être la semi galère à partir du 80 mais c’est tout. Et voilà dans ces conditions là, le moral tombe exponentiellement. Et pourtant vers le 85eme je me souviens me dire : ce n’est pas possible, allez avance, essaie de relancer. La tête était là. Mais les muscles étant tétanisés, il s’avérait impossible de courir. Je vois donc passer tour à tour mes coéquipiers. Un panel de personnes me doublait. La première féminine me reprendre un tour. Je pense vraiment à l’abandon car le classement par équipe se fait sur les 3 premiers de l’équipe et ils sont maintenant devant. Mais c’est ma première sélection, je ne veux pas faire un abandon et je sais que je l’aurais regretté et cela m’aurait miné.

Je ne sais plus quoi faire. Je m’asperge les jambes d’eau. Ce qu’il ne faut surtout pas faire. Mais cela me soulage un court instant à chaque fois. Du coup, après la course je vais me retrouver avec des ampoules aux orteils (je n’en ai jamais). Je n’avance plus et je commence à m’arrêter régulièrement. 18eme tour en 27’18. 19eme en 28’36. Dernier tour, c’est bon ca va rouler, en général le moral revient et les jambes suivent. Des clous! Ce sera le plus dur ! Le martèlement sur mes quadri est inimaginable. Je crois que j’avais les dents serrées sur pratiquement les 5 dernières bornes. Je les fais  en 28’56 : même après une grosse séance piste, en footing de récup, sur la pelouse et pied nus, je vais plus vite ! Mon GPS m’indiquera un dénivelé cumulé de 420m positif et 420m négatif. Ah quand même ! Pour un parcours plat….

7h23’. Je saurais 2 jours après que je suis 29eme. Doha7Je termine la tête basse, je félicite rapidement le staff et mes coéquipiers et je trace pour sortir de l’aire d’arrivée. Je m’assis parterre et je reste hagard. Je n’ai presque aucuns sentiments. Je ne comprends pas ce qu’il vient de se passer. J’ai juste un dégout profond par rapport à tout l’investissement. J’ai l’impression que c’est un cauchemar et que je vais me réveiller.

Et puis le vent me transperce. Avec la sueur, je claque subitement des dents. Arthur le médecin de l’équipe qui venait de me rejoindre, m’aide et me ramène à l’hôtel. Je prends ma douche. Je m’habille et je ressors pour aller rejoindre tout le monde et attendre l’arrivée de Gwenaëlle. Elle arrive, elle passe la ligne. 200m avant elle un certain Calcaterra en termine. On rentre à l’hôtel, il est 4h du mat’.

Je suis et je serais au fond du trou pendant 4 jours. On est presque une semaine après la course et je ne peux, moralement, commencer à écrire ce résumé que maintenant.

Nous n’allons pratiquement pas dormir jusqu’en France. Nous ne trouvons pas le sommeil. A 7h nous partons au petit dej. Puis visite éclair d’une partie de Doha. Après le repas de 13h, l’heure de la cérémonie de clôture arrive vite (16h). On vient à peine de finir de manger à l’hôtel qu’ils nous ressortent les buffets comme à la cérémonie d’ouverture. Il est 17h45, il faut manger !! Là franchement on se force un peu. Après cela, on part faire quelques emplettes pour nos familles. On se couchera vers 22h. Moi je me réveille vers 2h30 car je suis en train de me refaire le film de la course. Le réveil sonne à 3h30 mais je suis déjà rasé et douché. Le rdv en bas de l’hôtel est fixé à 4h30. Le décollage vers Paris se fait à 8h.

Le trajet passe vite je trouve. Je dors un peu au début et ensuite je discute pas mal. A Paris on passe les contrôles de douanes assez rapidement comparé aux non européens (bien 60m de file d’attente pour eux). Par contre on attend nos bagages une demi-heure ! Et on entend que le shuttle (petit tram) entre les terminaux de Roissy est arrêté. Des navettes-bus sont mises en place. Le problème c’est qu’il y en a une pour 500 personnes. On rate la première. La seconde est pour nous mais ce fut la guerre. On a un chauffeur champion du monde qui au lieu de tracer au terminal nous fait des arrêts aux parkings ou personne ne va. Avec Jérôme Andrieu on a le même vol car il a sa voiture chez moi. On court comme on peut avec nos valises et notre mal aux cannes. On arrive trop tard, ils viennent de fermer l’enregistrement (15h45 heure française). La galère a commencée.

Air France ne veut rien savoir et n’ont plus de places pour ce soir pour nous deux. On se voit déjà ne pas rentrer le jour même !! Moi qui ne pense qu’à une chose c’est de revoir mes enfants et ma compagne. Seul moyen c’est une place à 20h pour l’un et à 22h pour l’autre à un prix hyper attractif !!!!!! J La femme nous renseigne en nous disant qu’elle vient de voir sur internet deux places chez easyjet. On file. Encore 5 minutes de marche. Effectivement on trouve les 2 places pour 19h20 à encore un prix repoussant tous les codes établis. On prend ! Pas le choix. On se pose enfin un moment. Je suis dans un état lamentable. Crevé physiquement mais surtout mentalement. On arrivera chez moi vers 21h30. Jérôme part de suite car lui il a encore 2h de route !!!

Je me couche vers 23h. J’aurais donc fais en tout et pour tout une petite de nuit de sommeil entre vendredi matin et dimanche soir 23h en faisant un petit 100km entre temps. Le moral étant au plus bas, le quota de sommeil n’étant pas au rdv, vos messages de soutien m’ont plus que touchés et mon apportés un réconfort immense. Merci à tous pour tout cela.

Sachez que nous avons appris que finalement il y aurait des mondiaux en 2015, le 12 septembre prochain à Winschoten aux Pays Bas. Avec le super temps de référence de cette année (7h23’ donc), je ne suis pas en bonne position au bilan français pour être sélectionné. Je serais donc au championnat de France à Chavagnes le 16 Mai prochain. Mon année 2015 est presque toute tracée, si je me qualifie pour les mondiaux. Et cela fera deux 100km à produire. Si ca ce n’est pas du sport de haut niveau !

Voici en dernier lieu, mon analyse sur les raisons de ma défaillance, car je cherche toujours à comprendre et à m’améliorer.

Je pense que :

-          Je me suis laissé embarquer par la foule et j’ai fait un départ rapide pour des conditions climatiques et de parcours comme celles-ci. Mais je ne m’en suis pas inquiété car ces allures là je les tenais facilement à l’entrainement et avoir les jambes crispées puis tétanisées à tout juste la moitié de la course, je ne m’en serais jamais douté. Ces allures là sur 50 ou 60 km sont faciles.

-          Je ne suis pas habitué à courir de nuit et avec un départ à 18h. J’ai fait un gros entrainement mais pas sur cet aspect là. Pas évident quand on a une famille et un travail.

-          Les conditions climatiques : 25°C au départ, 23°C à l’arrivée. Mais surtout environ 50% d’humidité au départ et 70% vers la fin.

-          Le parcours. Pas extra plat et comme on bouclait sur 5km, la moindre montée/descente se répercute 20 fois. Au total 420m de dénivelé positif et de même en négatif. Mais surtout, environ 1.5km de bitume, le reste en pavé et marbre. Cela a surement du contribuer à mon mal aux quadriceps.

-          Le voyage. Avion sur plus de 8h. Changement de repères à être dans un hôtel, à participer aux sollicitations diverses.

-          Une mauvaise gestion de la pression. On m’a donné trop vite dans les 10 ou 5 premiers alors même que j’étais encore sur Toulouse. Convaincu de mon entrainement et ayant des résultats probants, j’ai voulu bien faire et surtout je visualisais plus l’arrivée avant réellement de courir.

-          Et enfin, on est d’accord avec mon entraineur pour dire que j’étais peut être prêt 1 mois trop tôt.

Tout ceci ne sont pas des excuses mais juste une analyse rapide pour que cela ne m’arrive plus et voir ce que je dois travailler pour la suite.

Doha1Ce fût une belle expérience pour une première sélection même si l’après course a été très rude. Mais voilà il faut savoir tirer les enseignements et repartir sur le bon chemin. A présent, je suis tout jeune dans la discipline puisque j’ai fait mon premier 100 il y a à peine 1an et demi. Donc il faut tester et peaufiner des choses pour tendre vers l’excellence. RDV donc à partir de janvier pour un autre galop d’essai et ma préparation aux championnats de France 2015.

Encore merci à tous pour vos encouragements et tous vos messages de soutien. C’est aussi cela qui me fait avancer.

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Published by jeromebellanca - dans Blog
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commentaires

Christophe Henriet 04/12/2014 16:03

Bonjour Jérôme,
C'est vrai que tu es encore jeune sur 100 bornes (et dans l'absolu également ;-) ). Alors, avec ton potentiel et le sérieux de tes prépas, les gros scores ne vont pas tarder à revenir... et à
s'améliorer, y compris lors des grands rendez-vous. Et, pour commencer, ça va chauffer à Chavagnes ! Merci pour ce récit qui nous fait vivre l'événement de l'intérieur. Bonne reprise et bonnes
fêtes de fin d'année à toi.
Et, sans arrière-pensée par rapport à ta déception, BRAVO champion !

jeromebellanca 08/12/2014 08:37



Salut,


Merci ! Oui maintenant que j'ai repris un peu plus du poil de la bete, je pense aussi que mes prépa vont payer. Là (pour les mondiaux) c'était trop d'un coup mais sans pression et dans un
environnement un peu plus connu, à Chavagnes je compte bien me rattraper.


Bonnes fetes a toi aussi. A bientot



Alain STILL 03/12/2014 14:50

Bonjour Jérome,
J'ai fait mon premier 100 km aux France en Aout en 7h55. Je me suis pour l'occasion intéresse,au petit monde anonyme de l'ultra fond. Bravo pour ton courage lors de ces mondiaux. Je suis
impressionné par ta faculté à retenir tant d'infos de tes entrainement et compétitions.
Si tu as qq conseils pour mon prochain 100 km je suis preneur

jeromebellanca 08/12/2014 08:34



Salut


Hey !!! C'est bon ca 7h55 pour un premier. Y'en a pas beaucoup qui font ca dès le premier. Merci pour ton message. Oui c'est un petit monde mais qu'est ce qu'il est plaisant !


Euh je n'ai pas une grosse expérience pour le moment. Moi ce qu'on ma dis c'est qu'il fallait boen se reposer les 2 dernières semaines avant un 100. Faire pas mal de travail à l'allure de course.
Bien faire attention à partir pratiquement en dedans au début. Voilà, après il y aurait pas mal de choses à dire mais cela prendrait trop de temps sur un message et surtout y' a pas de secrets il
faut adapter la prépa à soi: se connaitre et connaitre ses limites.


Bonne prépa si tu viens aux Frances en 2015 et a bientot donc.


Bonnes fetes



GAYRARD Damien 02/12/2014 17:59

Salut Jérome, et BRAVO!!
Ne soit pas déçu, ce sont des choses qui arrivent, c'est la dure loi du sport. Comme tu le dis, tu es novice dans la discipline et des erreurs de préparation peuvent arriver surtout dans les
premières compétitions. De plus on a beau faire une préparation du tonnerre, on n'est pas préparé moralement pour encaisser la pression.
Vois les choses du bon côté, tu as eu une sélection en équipe de France (chose que beaucoup d'athlète ne verront jamais moi y compris ;-) ) et tu es encore assez jeune pour revenir et faire de
belles choses aux autres championnats du monde.
Je suis très admiratif sur ta motivation et ta volonté pour atteindre tes objectifs malgré les aléas de la vie de famille et professionnelle.
Laisse passer quelques semaines et tu va repartir plus motivé que jamais.
A bientôt sur une course (je te rassure ce ne sera pas sur un 100km )
Damien GAYRARD

jeromebellanca 08/12/2014 08:22



Salut Damien,


Comment vas tu ?


Merci pour ce message. Oui tu as raison sur pas mal de points. Et ca y est avec le repos, je suis remotivé voir surmotivé. Il va deja me tarder de repartir. 2 beaux challenges s'offrent à moi :
les Frances de 100 et la qualif en equipe de France. Y'a plus qu'a ! Oui j'espere qu'on se verra d'ici peu sur une course... euh par contre pas un cross pour moi cette année... mais toi tu
pourrais faire un 100 quand même :):)


A+



Lionel 02/12/2014 15:58

MERCI tout d'abord pour ce retour écrit très détaillé.

BRAVO à nouveau pour être allé au terme de cette épreuve dans de telles conditions. je ne connais pas le mode de sélection pour les prochains mondiaux, mais les chiffres c'est une chose, la force
mentale en est une autre, et je pense que sur ce coup là tu as démontré tes immenses qualités.

Bonne récup, et s'il te plait quand tu parles de cette aventure c'est tête haute qu'il faut le faire...

... Si je me décide à faire mon premier 100 (le 16/05), je ne manquerais pas de te solliciter pour poser à mes côtés sur un cliché le jour J.

Salut CHAMPION.

jeromebellanca 08/12/2014 08:17



Ca marche pour la photo. Cela sera un grand honneur. Aller, un 100 c'est faisable et l'on n'est plus pareil après. Bonne expérience



Franck ou Franck de Maillé aux lunettes rouges 02/12/2014 15:08

Salut Jérome

c'est grand ce que tu as accompli ! car dans la douleur tu n'as rien lâché là où beaucoup aurait certainement stoppé et d'après ton récit tout ça pour le maillot bleu !! tu as tout compris ...
je t'ai suivi en streaming ! pendant la course un internaute a évoqué le fait que le marbre allait faire des dégâts et cela dès le début de la course : tu ne pouvais quand même pas faire une prépa
sur marbre :-))

tu vas ressortir grandit de cette course j'en suis certain !!
ce qui est beau à lire c'est que déjà tu regardes devant en tirant les premières leçons de ta courte carrière sur 100 pour te projeter sur les France où je te le rappelle :-) tu es le tenant du
titre : c'est pas énorme ça déjà !!
Allez sept 2015 en ligne de mire ...tu y seras j'en suis certain
Au plaisir j'espère de partager avec toi quelques foulées à la Ramée
et encore merci pour cette course qui m'a fait vibrer en streaming ! Vraiment merci !!

Franck

jeromebellanca 08/12/2014 08:11



Salut Franck


Oui au moins pour ma première sélection je n'ai pas abandonné et pourtant. Mais là j'aurais eu le moral à -10000. J'ai repris de l'entrain depuis et je vais me remettre au travail en ayant acquis
une bonne expérience. Ma conviction est toujours là meme: je serais au top après 4 ou 5 100km. Et avec un échec comme celui là, l'expérience s'accélère. A bientot. Bonnes courses à toi. Au
plaisir de se croiser à la Ramée et surtout bonnes fetes