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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 09:38

Ca y est !! J'accroche ma troisième étoile de Champion de France de 100km. il est 12h13'28". Je m'agenouille devant la ligne d'arrivée que je viens de franchir. J'embrasse le sol. J'ai le drapeau français que m'a tendu mon père avant la ligne, dans mes mains. Je me tourne et je m'allonge sur le dos, le drapeau sur les yeux. Je suis encore haletant. Je savoure cet instant. Que la victoire est belle surtout quand elle fût si difficile.

 

Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.
Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.
Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.
Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.
Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.
Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.
Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.
Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.

Et oui ! Le chrono n'est pas dans mes standards habituels. Mais seule la victoire compte à ce moment là. Je me rends vite compte que je ne peux presque plus marcher. J'ai l'impression d'avoir fait mon premier 100 bornes. Mais que s'est il passé ? Retour en arrière....

 

 

 

Cela fait plusieurs mois, suite à ma blessure autour du championnat du Monde fin 2016, que je me remets en selle. Des hauts, des bas mais je sens que je redeviens performant. J'ai tracé ma route sur 3 marathons et quelques courses intermédiaires. J'ai fait de bonnes séances. Je n'ai pour autant pas mis la "dose" comme pour un mondial et c'est voulu.

 

Pour ce championnat de France, j'organise le déplacement avec des athlètes de mon club que j'entraine: voyage en Bretagne en groupe. Super cool !! A voir si on peut accrocher une place sur le podium par équipe.

 

Dans la dernière semaine avant le Jour J, un petit couac survient pour l'obtention d'un minibus pour le déplacement. On aura finalement deux voitures à disposition la veille de partir. Donc le jeudi après le boulot on pars récupérer les voitures chez le loueur. Puis j'enchaine en terminant mes propres préparatifs.

Le stress est monté d'un cran avec tout cela. Je ne m'en rendrais compte que le samedi (veille de la course). En gérant pas mal de choses, on prends sur soi. Pas bon pour être zen avant un 100.

 

Vendredi matin. Je me lève à 6h30 pour un départ matinal. Le trajet va être long et épuisant. Nous arrivons à destination à 19h30. Le temps de s'installer, de manger etc, je me couche à presque 23h. Je suis fatigué de la journée et de la semaine. Il va falloir se reposer demain.

 

Samedi. On prends le temps de se lever puis on part faire notre footing/échauffement. Le temps passe trop vite. On mange et on repart faire les courses pour le week end. Puis on s'installe pour préparer nos ravitos respectifs. Go ! il est déjà l'heure de partir à Cléder centre pour déposer tout ça et récupérer nos dossards. On ne s'éternise pas trop. On rentre manger et au lit vers 21h30.

 

Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.
Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.
Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.

Bon pour le repos y'a eu mieux. Le stress est revenu un peu aussi car le matin au footing on a couru sur le parcours du 100 proche d'ou on loge et on s'est retrouvé sur "LA" montée du parcours. Une longue côte de plus d'un kilomètre et encore on n'est pas aller jusqu'au bout, qui se termine par un raidillon de je dirais 8% à la louche. Je crois que cela met le stress à tout le monde. En rentrant on regarde à nouveau le profil du parcours. Il faut revoir nos ambitions chronométriques.

 

Et puis pour ma part il y a cette cheville droite qui me perturbe l'esprit. J'ai la cheville raide suite à un blocage pas traité dans les temps. Cela me déclenche des douleurs au tendon mais c'est aléatoire. J'espère que cela ira demain.

 

Voilà donc ce soir avant de me coucher, j'essaie de tout faire pour me détendre, exos de sophro à l'appui.

C'est efficace. Je m'endors rapidement...mais je pense, avec le recul, que c'est surtout parce que je suis fatigué.

Je m'endors en me fixant un chrono revu à la baisse et en relativisant. A titre de comparaison, à Belvès en 2013 pour mon premier 100km, avec environ 900m de dénivelé positif, j'avais réalisé 6h53'. Là je sais qu'il y a  700m de D+, je me dis que 6h50 environ c'est ce qu'il faut viser.

 

Dimanche. Je me lève à 2h30. Je déjeune rapido puis je me recouche, sans vraiment dormir mais pour étendre mes jambes.

 

Nous partons à 4h. Arrivé sur les lieux de la course à 4h15. il fait bon : 16°C environ. Je retrouve mes parents.

Mon père va me suivre avec un vélo électrique loué dans le coin. J'ai tout de même donné mes ravitos perso à l'organisation pour les mettre aux postes de ravitaillement.

 

Vers 4h30 je pars faire 10 minutes de footing léger. Puis on se poste tous sur la ligne de départ à 4h45.

Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.

Top départ à 5h. Quelques coureurs partent devant sur les 200 premiers mètres. Je suis de suite sur mon 15km/h et je prends les commandes de la course à 300m environ. Le petit tour d'environ 1.5km dans le village est plat. Je suis déjà seul au rebouclage sur la ligne de départ.

Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.

De là je pars sur la boucle "Terre" de 25km.

Du km 2 au km 5, on chemine sur des petits vallons. Rien de méchant mais pas de plat en vu.

Virage à gauche, montée sur 200m, ravito en haut. A la frontale je cherche ma boisson, je trouve, je repars.

Une belle descente continue le parcours. Avec le recul, je pense que je n'ai pas assez travailler cela: les descentes vont au fur et à mesure contribuer à me comprimer les quadri.

Et puis après ... ça monte, ça monte !! Km 6 , km 7, km 8 et voici après un virage à 90° le fameux raidillon reconnu la veille.

 

En haut je redescend tout ce que je viens de monter.

Je passe au 10eme km. 41 minutes et quelques.

Ca va vraiment être compliqué de faire un chrono.

D'autant plus que ... J'arrive sur un chateau, le sol change. Passage en gravier. Je m'arrête au ravito et là pas le mien !! Je repars sans rien. J'essaie de ne pas m'inquiéter et je me dis que mon père va me les récupérer avant chaque poste et/ou qu'il me donnera quelque chose.

 

Après un peu de route, vallonnée bien sûr, long passage sur chemin en terre défoncé mi terre mi cailloux, suivi d'une entrée en sous bois ou au loin les frontales des suiveurs vélos illuminent les arbres.

 

Mon père rallie ma cause.

 

Je discute trois bribes pour lui dire d'aller me récupérer les ravitos en avance et lui indique mon manque du 10eme km. De suite l'officiel en moto arrive et commence à nous rappeler à l'ordre. moi un peu agacé, je lui notifie la situation. Mon père discutera avec eux et au final une personne de l'organisation fera tout le parcours en quad pour vérifier tous les ravitos perso de tout le monde. Chapeau ! Bravo à l'organisation. Ca c'est de la réactivité. Je n'aurais d'ailleurs plus de problème de ce côté là.

 

A peine cet épisode passé, on sort des chemins pour virer à droite et reprendre la route, en montée bien sûr. A partir de là c'est un peu flou dans ma tête (pas évident de se rappeler de tout le parcours surtout lorsque l'on ne connait pas la région) mais on naviguera dans les vallons: un coup on monte un coup on descend ... sans arrêt !

 

Le rebouclage dans Cléder au 25eme est bienvenue. Je pense alors (vu sur la carte) que la deuxième boucle est plus soft.

 

Au rebouclage donc, mon père parti en avance au ravito, me tend ma bouteille mais dans l'autre main me montre sa pédale de vélo. Super le vélo loué! Bon ben va falloir faire sans. Je ne suis pas inquiet pour autant vu que mes ravitos ont été vérifiés.

 

J'entame la boucle "Mer". Elle commence par de la descente et une partie plate: cool ! Puis je me souviens que l'on tourne sur la droite et que l'on passe alors sur un chemin terre-cailloux avec en prime 2 ou 3 zigzag.

 

En fait sur cette boucle la difficulté va venir de ces changements de direction, des montées des descentes mais aussi des nombreux passages sur chemins caillouteux. Et clairement moi qui ne fait jamais de trail, je ne suis pas habitué à cela. Je suis un pur routard. Mes chevilles n'ont pas l'habitude de tourner dans tous les sens.

 

J'avoue que cette boucle "Mer" me paraissait plus simple sur le papier. Globalement sur l'ensemble du parcours il faut en plus relancer à de très nombreuses reprises.

 

Bon par contre le parcours est magnifique surtout sur cette partie Mer ou on longe la côte. Malheureusement je n'ai pas le temps de faire du tourisme. Je reviendrais pour ça :)

 

Entre temps, peu avant le 30eme mon père est revenu. Il a réussi à réparer avec un gars qui avait un outil sur place. Coup de bol.

 

Il me rejoins avant de franchir LA côte de cette boucle, au 30eme kilo. Longue de plus d'un kilomètre.

Juste derrière on traverse un nouveau chateau. Là mon père doit carrément descendre du vélo et le pousser pour pouvoir passer le lit de gravier. Bref ...

 

 

Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.

Heureusement après cet épisode on file sur la route. On commence à visiter la côte. Ca tournicote un peu. Puis on emprunte à nouveaux des chemins. Etc...

Sur les 6 derniers kilomètres avant le 50 : de la route !!! Encore une fois pas très plate mais de la route. Cela fait du bien.

Bon on va encore prendre un bout de chemin au passage du 50. Je passe en 3h25'50 environ. Puis je rentre à nouveau dans Cléder. Le rebouclage doit se situer au 50,7 eme km à quelque chose près. Les poursuivants sont à environ 2-3 minutes.

Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.

Quelques encouragements et c'est reparti.

 

Mais je suis moyennement enchanté de repartir sur ses deux boucles.

Je sais que le chrono va chuter avec la fatigue. En ré-attaquant sur la boucle "Terre", je décide de gérer et de monter plus doucement pour en garder pour la suite.

Et je fais bien car rapidement entre le 60 et 65eme km, mes forces m'abandonnent. Mes quadri sont déjà très entamés. Le calvaire commence. Déjà ???!!!

 

Peu avant l'endroit ou j'avais récupérer mon père à vélo, je sais que le deuxième n'est plus qu'à une grosse minute et que les lignes ont bougées derrière aussi. La bataille fait rage. Je me dis tout de même que c'est revenu sur moi dans la partie dure donc ils y ont sûrement laissé des plumes.

Sur quelques kilomètres, je fais l'effort, même si cela devient compliqué, j'appuie sur mes avants pied et j'accélère au train. Bingo !  L'effet est immédiat. Je les remet à deux minutes. Mais maintenant c'est moi qui craque mentalement. Faut dire que je suis en train de faire mon 100 seul !

 

Dans ces moments là, l'idée d'abandon surgit à l'esprit : c'est humain. Non! Non ! NON NON !!!!! L'an dernier j'ai fait deux abandons. Belvès suite à des problèmes intestinaux et le mondial avec ma blessure. Année blanche sans chrono sur 100. La y'a pas moyen ! J'ai aussi le titre dans le viseur. Je me fixe dans ma tête le rebouclage dans Cléder au 75eme. Aller, avance Aller.

 

Je me concentre mentalement. J'essaie de me focaliser sur autre chose. Mais sans cesse le chrono de la voiture ouvreuse me rappelle le minimum de temps approximatif qu'il reste à courir. Difficile gestion mentale. Je passe le 70eme, c'est rude. Je cours comme je peux et j'arrive enfin à Cléder : 75eme.

 

L'écart avec les poursuivants s'est stabilisé autour des 2'30.

 

Ca redescend. Mais justement même en descente les quadris sont fusillés. Je ne suis vraiment pas dans mon assiette. Ce n'est pas mon jour.

 

Je ne pense maintenant plus qu'au titre. Il me le faut. 85eme. L'écart s'est accentué: 3' à 3'30 environ. Je crois que je jusqu'au 90eme, je force mon corps et je repousse autant que possible la douleur. 95eme. Je suis au bout mais à bout.

 

Toutes mes foulées sont des coups de poignards. Je dois être tomber à 12km/h. Mais je maintiens l'écart avec le deuxième. Les derniers kilomètres sont interminables comme souvent dans ces cas là.

 

Je rentre dans le chemin qui mène au panneau 50. Il doit rester d'après mes calculs environ 700m.

 

En sortie de ce chemin, après un virage, mon père me dit que c'est gagné, que je l'ai fais et de 3 ! On se félicite car il y est pour sa part aussi dans tout ça. Il me tend le drapeau français. J'entends le speaker. Virage à gauche. dernier 300m.

 

Je tend le drapeau au dessus de mes épaules, je cours maintenant sur tapis rouge. C'est l'arrivée.

Je franchis le ruban de la victoire. Je vais tour à tour féliciter le 2eme, le 3eme et le 4eme, tout en répondant à une journaliste. Je suis content de ce troisième titre et de finir un autre 100km en vainqueur. Je vais pouvoir savourer.

Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.

Petit hic dans tout cela. Je retrouve deux de mes athlètes en salle de massage. Abandon vers le 70eme. Je suis mécontent. C'est moi qui les entraine et je ne les avais pas préparer à ce genre de circuit. C'est mon erreur et en même temps je ne le savais pas. Et vu la distance entre Toulouse et Cléder, difficile de venir avant pour faire une reconnaissance. Au final ce sera du 50%: un autre athlète terminera le 100 (et en beauté car améliorant son chrono de 2h !! ) et un le 50km.

 

Pour ma part, je prends le titre de champion de France toutes catégories et nouveauté pour moi cette année, le titre de champion de France Master 1. (Je ne sais pas si je dois m'en réjouir).

Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.

Le soir dans notre charmant logement, on en profitera pour se faire un bon "graillou" bien mérité pour tous.

 

Au bilan de ce France. Je crois que je n'étais pas dans un bon jour. Avec le recul, stress de la semaine, fatigue du voyage et autres ont entamés mon corps avant l'épreuve. Le parcours aura fait le reste. Mais je comprends mes lacunes sur ce genre de circuit. Il faut dire que sur les derniers mondiaux de 100, les tracés étaient hyper rapides. Je connaissais le relief de Cléder, je m'étais entrainé au dénivelé mais pas forcément de la bonne façon. Pas grave. J'ai encore appris et cela va me servir.

 

Le repos s'effectue deux jours après en famille à la montagne. Ainsi je n'ai pas pu vous livrer de suite ce résumé.

Voilà le repos est déjà fini car il est déjà temps de préparer Millau. RDV le 30 septembre. Entre temps j'aurais tout juste passé le cap de la quarantaine. A moi de bien fêter cela !

 

Je tenais à remercier Corinne Velly pour l'organisation de ce 100km à Cléder et à travers elle, tous les bénévoles. Sacré organisation et superbe accueil.

Comme je lui disais en partant, l'endroit est magnifique. Certes ce 100 n'est pas des plus roulant mais tout est mis en oeuvre pour faire une belle épreuve. Les gens sont hyper accueillants. J'ai pris plaisir sur mon séjour là bas.

 

Merci également à mon club pour l'aide et le soutien. Merci à ma famille. Merci à mes partenaires.

Blagnac SC

Tensport

Ergysport

Nuternel

Leclerc Drive Bruguieres Blagnac

SII

Cléder 2017. 100km en Terre et Mer.

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Published by jeromebellanca - dans Blog
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