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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 14:00

De retour du championnat du Monde et d'Europe 2015.

Le championnat !

Je reviens avec:

- 2 médailles de bronze par équipe, une au niveau Monde et une au niveau Europe.

- 8eme mondial et 1er francais de la course.

- nouveau record personnel en 6h43'41, nouveau record Midi Pyrénées.

- pleins de souvenirs

- à 95% heureux et satisfait, je vais savourer croyez moi.

- et comme certains me connaissent bien, ces 5% restants sont cette petite voix qui me dit que je pouvais être sur le podium.. si seulement ... mais je ne regrette rien. Qui ne tente rien ... Mais c'est mon trait de personnalité et ces 5% sont un gage pour le futur.

 

Tout à réellement commencé le vendredi 11 septembre. Nous logeons dans un village vacances à 25km de Winschoten. Tous les athlètes sont là.

Une précision pour faire taire les rumeurs. Michael Boch n'est pas présent car il a décliné la sélection juste avant le stage de regroupement. Je n'ai pas d'explications à fournir, chacun à ses raisons. Sachez que j'ai pu discuter avec lui et l'ai invité à revenir.

Le matin nous nous levons vers 7h, direction le gymnase ou l'on prendra le petit déjeuner. Rien à dire sur celui-ci: quantité et variété. Nous rentrons dans nos hébergement et pour notre belle équipe de France cela sera séance photos vers 9h30. On fera même une photo avec tout le monde dessus, prise par le jardinier du coin!!

A 10h, nous voilà en tenue pour un footing de décrassage. Pour ma part cela sera 20 minutes et 4 lignes droites. Les autres feront à peu près la même chose. On n'est plus dans l'entrainement là. On fait juste tourner les jambes. Une fois la douche prise, l'attente a été relativement longue: le déjeuner n'était qu'à 13h.

Et là première surprise: en entrée il y a des crudités. Pas terrible pour une veille de course. Il faudrait des légumes mais cuits pour mettre l'intestin dans le meilleur état possible. Ensuite nous avons droit à des pates. Ok . Sauf qu'elles sont froides et en salade avec des petits morceaux de poivrons, céleri et autres... crus bien sûr ! Génial !! Surtout le poivron !! Heureusement je ne suis pas trop sujet à des problèmes lors des courses mais c'est pas top quand même. Puis on découvre que dans le pays le repas s'arrête là. Euh non nous auront droit à des bananes tout de même. Bref passons.

Avant la suite des évènements, nous en profitons pour préparer nos ravitaillements: étiquettes, barres ou bananes attachées par des élactics ou du scotch. Nous remplirons avec la boisson d'effort que le lendemain matin.

Le championnat !

Peu après sur le coup des 16h30, nous prenons le bus pour nous rendre à Winschoten. Comme le bus fait déjà un premier voyage nous attendons notre tour ... sagement assis. 17h enfin notre tour. Nous arrivons pour la première fois à Winschoten vers 17h45.

Sur la place publique, un atroupement d'athlètes, d'organisateurs, de spectateurs. C'est l'effervescence. Je retrouve mes parents partis en voiture depuis chez nous. Nous rencontrons aussi les familles d'autres athlètes de l'équipe. On se retrouve un sacré groupe de francais du coup. C'est sympa.

 

Le championnat !

Le défilé peut commencer. Les portes drapeaux lancent une à une les équipes dans le centre ville. Là on s'apercoit que toute la ville est fervente de cette animation. Je pense qu'ils savent aussi ce que c'est qu'un 100km et ce que cela représente. C'est une autre dimension. Lors de la course une partie de la ville sera fermée et les riverains participeront à la fête alors qu'ils ne pourront pas prendre leur voiture ou autre.....on rêve!!! en comparaison de notre beau pays.

 

Le championnat !

Nous marcherons tranquillement et sous un ciel ensoleillé vers la ligne de départ du parcours pour se diriger dans un gymnase.

Les différents discours d'ouverture peuvent commencer. Cela va durer une petite demi heure environ. Puis la pasta party est ouverte. Là les gens se ruent sur le buffet. Enfin ce n'est pas un buffet. On se fait servir. Du coup il y a une file d'attente. Ca n'avance pas et on est en bout de piste. On est quelques-uns à décider de se rassoir et d'attendre. Pas besoin de se fatiguer inutilement. On fait bien car ca n'avance vraiment pas.

Puis je me décide. J'attendrais un certain temps tout de même. On est sur les derniers. Et là! surprise ! Nous avons vu avant qu'ils servaient des pates (trois sortes). Il ne reste plus deux sortes: pas grave. Mais il ne reste pas grand chose et ils rationnent ! Quoi ?? Mais on court un 100 bornes demain ! De plus à part cela il y avait du pain et une espèce de crème (style tartare) à tartiner dessus. Pas top pour la diététique encore une fois. De toute façon, y'a presque plus rien. On se bat presque pour avoir du pain. Je repars à ma table. Je pose mon assiette et je retourne me faire servir comme si j'arrivais. Avec les deux assiettes, je me fais une assiette complète. Ouf ! Car le repas s'arrete là. Rien d'autre ! Et le comble de tout, c'est qu'il n'y a pas un verre et encore moins des carafes ou bouteilles d'eau ! Hallucinant. Avec le temps mis à faire ce manège, je mange rapido et je finis ma dernière bouchée debout en partance pour le bus qui nous ramene au village athlètes. Je veux bien qu'il y ait eu un couac pour les quantités (mais cela fait 40ans qu'ils l'organisent) par contre pour la flotte et une entrée ou un dessert, là j'y crois moins. Zéro pointé sur ce coup là et pareil pour le repas du midi. Dommage car le reste est très bien.

Bref. En rentrant à nos appartements, le staff nous procure les ravitaillements prévus au cas ou pour le lendemain. On en grignotera une partie: fruits et gateaux secs. Aller faut oublier ce passage. Nous nous couchons vers 22h.

 

Samedi 12 septembre. Le reveil est matinal 6h15. Je pars prendre une douche. Puis je remplis mes bouteilles de boisson Effort d'Ergysport. Au total 20 bouteilles: 19 pour les tables de ravitaillements et une que je vais prendre dans la main dès le départ. Je file au petit déj. Là pas de problème. Je me suis amené une banane de chez moi donc bien mûre:) Mais aussi un gateau de l'effort et un dessert soja au chocolat. Des présentoirs, je ne prendrais qu'un bout de pain et un thé. ...Euh presque, en fait je vais prendre en plus: du pain, des oeufs durs et de la pate à tartiner. Je les mets dans mon sac en prévision d'avoir un repas de me...e après la course comme on a eu hier soir. Je n'ai plus confiance.

Bon il est 8h on embarque dans le bus. On est déposé juste après la ligne d'arrivée. On file dans le gymnase pour ne pas trainer au froid. Oui il fait bien frais ce matin et il y a du vent et bien plus que ce que je pensais. Ca souffle sérieusement. On s'installe à l'intérieur et on attend. Je rentre dans ma course. Je ne dis plus rien je ne parle à personne. J'ai pendant une bonne vingtaine de minutes de grosses pensées pour mon grand-père décédé juste après le championnat de France. C'est ma course et c'est aussi la sienne. Dans ma main, c'est noté au marqueur. J'aurais peut être un peu perdu d'énergie à ce moment là mais ....

 

Le championnat !

Ca y est ca va être l'heure. On rejoint la table de ravitaillement juste après le départ. Une autre se situe au kilomètre 6. Nous posons nos affaires et pour ma part je pars m'échauffer. Vous me direz que ce n'est pas très utile. Mais je vais partir sur du 15km/h environ. En étant un minimum échauffer (muscles, articulations, tendons etc ..), je trouve que mon corps est plus fluide. Et dans cet état là, je consomme moins d'énergie pour une même allure. C'est ca de gagner pour la fin de course. Je fais 10 minutes seulement et 2-3 lignes droites: pas trop non plus, il faut un compromis entre échauffement et trop de kilomètres sachant que l'on va en faire 100.

C'est l'heure. Je m'enlève mon survet. J'enfile mes manchettes, j'ai retenu le conseil de Christophe Buquet notre manager lors d'une discussion après le championnat de France. Cela peut permettre encore une fois de garder un peu d'énergie, non dépensée à se réchauffer.

Puis selon le principe mis en place au France avec ma compagne, Irène notre podologue a la gentillesse de me masser (plus frictionner) les jambes avec mon huile arnica-gaulthérie. Merci à elle. Je rentre maintenant dans la chambre d'appel. Là c'est un peu le binz mais bon ca y est on est sur la ligne de départ.Signe de notre belle cohésion, on se tape dans les mains + bises pour ces dames. On est prêt. Le décompte et nous voilà parti.... pour combien de temps ? on verra bien. Je souhaite le moins possible pour tous.

Je fais attention d'être de suite sur mon allure définie: 3'58/km soit du 6h36'40. C'est bien sûr une base. Les premiers kilos se passent bien et très rapidement un groupe se dessine. Deux russes, mon ami Wouter (belge), un suédois (Frijtof) et d'autres au début mais qui ne tiendront pas longtemps. La tête de course est déja loin.

Le championnat !

Dans ce groupe, il y a Ivan (russe). Et Ivan mesure une tête de plus que moi et légèrement plus large. A ce moment là, on prends le vent de face. Ivan est l'homme idéal. Pas de pitié, on est au mondial. Comme on disait après la course avec Wouter, sur le championnat il n'y a plus d'amis. C'est le haut niveau. Et nous voilà donc en file indienne derrière ce gars qui nous trace la voie. En plus de nous protéger du vent, mentalement cela simplifie les choses, on n'a qu'a suivre entre guillemets. Je m'apercois rapidement que l'on va vite. On doit faire du 3'53/km de moyenne. De plus, il a tendance à mettre des accélérations après des virages ou après les ravitos. Je réfléchis. Que faire ? Se retrouver tout seul et prendre le risque de s'essoufler dans les parties ventées ? Se laisser guider et garder de la force mentale pour la fin ? Je décide de suivre. Je me dis que comme je suis abrité, mon allure du moment revient à peu près à mon allure définie avant course. Même si je sais que ce n'est pas tout à fait vrai. Ca tourne bien et on est tranquille. On passe le premier tour en 39'04. Je vais déclencher ma montre aux marques au sol tous les 10km. Il faut savoir qu'ils ont voulu faire un parcours encore plus rapide et on se retrouve avec non plus des boucles de 10km mais de 9,988m soit 12m de moins par tour. (Ils auraient pu trouver ces 12m quelque part tout de même!!). Du coup ils nous ont fait partir 120m avant la ligne d'arrivée et on rattrape 12m par tour. Pour ceux qui ont vu le fichier de résultats avec les temps de passage, sachez qu'ils ne sont pas exacts. Les tapis étaient à un certain endroit fixe. Or il aurait fallu les déplacer tous les tours de 12m. Impossible bien sûr ! Par contre ils avaient bien pris soin de mettre des marques décalées de 12m pour le 10,20,30 etc ...J'ai bippé jusqu'à la fin. 

Bon c'est bien ce que je craignais le russe s'enflamme. 39'04 c'est une base de 6h30'40''. Je n'ai pas la calculette avec moi à ce moment là, mais je sais que c'est dans ces eaux-là. Je me dis que ca va ralentir. Passage au premier ravito 0 (celui après la ligne). Pour l'instant rien de particulier, je prends ma bouteille et je bois petit à petit jusqu'au prochain ravito. Pas de remarques de la part du staff, la course commence à peine et ils voyent que je suis dans un groupe. Bon ca ne ralenti pas forcément. Allez je suis parti maintenant alors je verrais bien. Je passe au ravito 1 (celui au 6eme km de la boucle).

Le championnat !

On est donc au 16eme kilo. Le staff s'est déja concerté par téléphone et m'encourage dans ma démarche vu les circonstances de course. J'aurais droit à un "super, course intelligente, continue". Ca me motive. Je ne suis pas hors sujet.

L'ambiance de cette course est phénoménale. Du jamais vu pour ma part. Tous les riverains s'y mettent. Pas un pour râler pour pouvoir sortir sa voiture. Au contraire tout le monde est là pour la course. C'est une fête. Les gens ont décoré leur maison. Ils ont sorti des tables et prennent le thé, boivent des bières (grrrrr ..!!!), d'autres ont installé des barbecues et se font griller de la viande. Encore d'autres ont mis leur sono dans le jardin et nous mettent la musique. Pas besoin de planifier cela par une organisation de course, c'est fait naturellement. On a nos noms inscrits sur les dossards. Je vais entendre un nombre incalculable de fois "allez Jérôme" ou "vive la France" dans un accent très local. Quelle joie ! Quelle ambaince ! Quelle fête ! La réputation n'a pas failli.

 

Le championnat !
Le championnat !
Le championnat !

La suite va se résumer assez rapidement. On profitera de "l'aspiration" jusqu'au 60-65eme. Moi je n'arrêtais pas entre temps de me dire pourvu qu'il nous amene jusqu'au 80. Ca aurait été top. Surtout que j'ai quand même des signes de moins bien depuis le début. Ce n'est pas la balade comme au France. Je m'aperçois là que les trois 100km en 10 mois que l'on vient de faire (Doha fin Novembre et Chavagnes en Mai) pèsent. Pas grave je suis là pour me battre. Celui qui me surprend est Wouter. Il a l'air costaud et pourtant son record est de 6h54'.

Avant le 60eme on va rattraper des gars. Ca explose. Tu penses ! Parti comme des balles ! Si nous on est en 6h30' eux n'en parlons pas. Un américain et un japonais vont s'accrocher à nous sur 1 ou 2 kilomètres puis exploser de plus belle.

 

Le championnat !

On est bien régulier jusqu'au 60. Voyez plutôt:

10 - 39'04 - base 6h30'40''

20 - 38'51 - base 6h29'15''

30 - 39'04 - base 6h29'43''

40 - 39'02 - base 6h29'52''

50 - 39'14 - base 6h30'22''

60 - 39'30. On se retrouve donc au 60eme sur les bases de 6h31'08''33. Outch !!

 

Dans ce fameux 7eme tour, on perd donc notre lièvre ainsi que notre deuxième russe. Frijtof en profite pour accélérer un coup. Wouter le suit un peu. Moi non. Voilà tout se joue à ce moment là (je le sais maintenant). J'ai justement un premier vrai coup de mou. L'écart avec eux va augmenter petit à petit même si je vais les avoir en point de mire. Mais je vais me battre tout seul!

7eme tour bouclé en 40'30 (base de 6h33'07''). La partie s'annonce rude pour moi.  J'accuse vraiment le coup. Je confirme ne pas être à mon top. Bon en même temps je ne suis jamais allé aussi vite.

 

Sur ce 8eme tour, cela va tout de même mieux mentalement. Je rattrape encore des concurrents. Les japonais notamment. Cela fait plaisir avec la grosse équipe qu'ils avaient. Frijtof et Wouter ne sont pas loin mais je n'arrive pas à les rattraper. Cela fait un moment que je me dis qu'ils vont craquer mais ca ne le fait pas. 8eme tour en 41'19 (base de 6h35'37''). C'est encore très joli mais je sens bien que je ne tiens pas. Je me motive tout de même pour aller le plus vite possible.

 

Le 9eme tour commence à être un calvaire. Les deux compères ne craquent pas. Enfin si mais autant que moi. Je les vois toujours mais ils sont 2 et moi seul. Dur dur. Le moral en pâtit. 9eme tour en 42'39 (base de 6h39'03''). Je vois au passage le 5h59' sur le chrono de la ligne d'arrivée. Un bref instant je me dis, un tour à 15km/h et je suis en 6h39' au final. Mais alors je me le dis qu'un bref instant :)

Je suis lessivé. Je passe au ravito 0. Jérémy Pignard m'indique 32" de retard sur les deux compères et Arthur le médecin me dit 3minutes pour le podium. Ca fait tilt dans ma tête !!! Mais malheureusement que dans ma tête. Mes jambes n'y sont plus. Et tout va avec. Je me visualise les bornes kilométriques et je cravache jusqu'à chacunes d'elles. On passe plusieurs fois sur des pavés et là cela martèle les quadriceps. Je décline vraiment. Et je perds du terrain sur Wouter et Frijtof... définitivement.

 

J'essai de m'accrocher à des gars qui courent le 100km en relais. Autant avant on faisait jeu égal ou on les dépassait, autant là je me fais laminer. A chaque fois je les entends arriver.

Je passe une dernière fois au ravito. Le staff m'indique bien que je suis encore 7eme. Ils ne cherchent pas à me pousser car ils voyent bien que le trou est fait. Je visualise encore le panneau 7. J'y arrive. Puis le 8. Celui là est dur car je passe un bon passage pavé. Je le vois enfin. Je me fais encore doubler par des gars du relais. Et puis ....j'entends un coureur me rattraper. C'est la seule fois ou je vais tourner la tête. Comme un présentiment. Ce n'est pas un relayeur. C'est le deuxième russe du début qui me revient dessus. J'ai un petit moment d'orgueil. Je pars à la chasse mais cela ne dure pas longtemps. Il file. Je suis 8eme. Je passe le panneau 9. Le dernier kilo est quasi en ligne droite. Allez faut avancer. La messe est dite de toute façon. Je me serais bien battu même si je dois travailler sur le mental (prochaine étape dans mes démarches): au 90eme avec 30secondes de retard je dois pouvoir aller récupérer le groupe et/ou à 1.5km de l'arrivée, je dois me battre jusqu'au bout pour jouer le sprint avec le russe.

Dans cette dernière ligne, j'apercois Wouter, Frijtof et juste devant Vsevolod (le russe) car on est 4 en 2minutes !! 100m avant la ligne, je vois ma mère et je récupère la cravate de mon grand-père. Je n'arrive pas à la mettre rapidement. De toute façon je ne me soucis plus du chrono. Ca y est je l'ajuste, je peux passer la ligne d'arrivée. Arthur le médecin me récupère à l'arrivée. Je cherche mes parents, mon père. Je le vois. J'ai la cravate serrée, la gorge aussi. Je m'éffondre. Et pourtant, le 100km déshydratant bien le corps, ceux sont des larmes sèches.

 

 

 

 

Le championnat !

Je suis 8eme en 6h43'41. Je reproduis mon temps du France à 4 mois d'intervalle. C'est bien.

Je ne sais pas ce qu'on fait les autres français et françaises. Je sais que Jérémy a abandonné et j'apprendrais vite qu'il a vomi sur le parcours. Je ne sais pas si Fabien va terminer car je l'ai doublé et son allure m'a fait peur même si sa tête ne trahissait pas d'une défaillance. J'apprend vite que Caroline a abandonné et j'apercois aussi Gwen dèjà changée.

Puis je vois les arrivées successives de Dominique (6h56'), Jérôme(6h57') et Ludovic(7h06'). Super performance de Jérôme qui améliore son record de 16 minutes. Fabien en terminera (8h05') avec honneurs (je sais ce que c'est de finir à la dérive mais de finir !!)

Le championnat !
Le championnat !
Le championnat !
Le championnat !
Le championnat !
Le championnat !
Le championnat !
Le championnat !

On est dans l'attente. On ne sait pas si on est sur le podium par équipe. Je pars avec mes parents et je vais prendre la douche dans le gymnase. Je commence à congeler. Une fois revenu sur la ligne d'arrivée, j'assiste au final des filles. Superbe !! Laurence est dans ces chronos du dernier France (7h56'). Et surprise !! Olivia (8h09') et Emmanuelle(8h14') arrivent peu de temps après en claquant leurs records !! Elles sont peut être sur le podium !! Ca serait génial !!

 

Le championnat !

Mais on apprend rapidement que c'est mort pour les filles. Par contre pour nous il y a réclamation pour l'équipe de Russie. Ils ont encore couru (a priori cela fait des années) avec des maillots différents. Du coup on pensait que l'on se battait pour la 3eme place avec l'Italie et pas du tout car les Russes seraient 2eme ??? En fait le premier Russe, qui avait un maillot sorti dont on ne sais ou, est le 4eme de la course. Et bien va falloir attendre la contestation.

 

En attendant justement, on va se "réhydrater" correctement si vous voyez ce que je veux dire. Il faut bien en profiter. Puis nous irons manger. Et là pour une fois le repas est top ! C'est apparemment cela qu'ils avaient eu les autres années pour tous les repas.

On est tous sous les tentes mis à disposition. Et tout d'un coup, le verdict !! Ca y est on est médaillé de bronze !! Tournée générale de la part de Fabien et moi-même. Certes c'est sur une disqualification mais tant pis on prend. Et vu les résultats individuels on ne l'a pas non plus volé. Trop bon !! Moi j'attendais ca depuis 1 ou 2 mois. Première médaille internationale et avec l'équipe que l'on a (filles et garcons, même si les filles n'ont rien je les y associe) cela traduit une ambiance et une cohésion générale. Les souvenirs sont bons à prendre dans ces conditions là.

Indéniablement notre force aura été cet esprit d'équipe. Le staff (et la FFA en général avec les moyens mis à notre disposition) aura su nous mettre dans des conditions plus que favorables.

Vers 23h, après les podiums, nous reprendrons le bus pour notre village athlète. Nous nous coucherons vers 0h. Pas trop de vagues en arrivant, la journée a été longue. Surtout que le reveil est mis à 5h ! oui oui 5h ! Il faut faire 2h de bus jusqu'à Breme. Puis 1h30 d'avion jusqu'à Paris. Je reprendrais l'avion Paris Toulouse vers 16h. J'arriverais chez moi à 18h. Juste le temps de voir ma compagne et mes enfants. Couché 23h. Demain boulot à 8h.

Pour faire un petit bilan de ma compétition.

 

Je valide certaines choses comme ma nouvelle stratégie alimentaire. Je pense tout de même alterner ma boisson Effort avec différents gouts surtout sur la deuxième partie de course.

Je valide mon chrono. Le 6h43' devient pour moi une base. Je n'ai pas pu descendre sous les 6h40' à cause des circonstances de course et aussi parce que trois 100km en 10mois cela pèse mais je les ai c'est sûr. De plus en analysant ma course et mes temps de passage, mon objectif de 6h35' est plus que réaliste. Je l'ai tenu sur 80km alors même que j'en ai fait 70 plus rapides. Seulement il faudra être frais, partir sans se soucier des autres et des conditions extérieures et tenir l'allure fixée. Je sais par contre que je ne suis pas prêt pour les 6h30. Il va falloir du travail et de la maturité pour cela. Mais je ne dis pas non. Voyez plutôt la progression d'un certain Jonas Buud nouveau champion du monde (ses chronos aux championnats du monde): 2008-7h41', 2009- 6h41', 2010-6h47, 2011-6h52, 2012-6h28, 2014-6h32, 2015-6h22. La progression et le travail ou l'inverse. Je ne suis pas un hyper doué mais je travaille dur et j'ai envie de performance. Performance voilà ce qui m'interesse.

Ce que je ne valide pas par contre, c'est ma hargne sur les fins de course. Je dois arrêter d'être gentil. Cela s'appelle compétition ce n'est pas pour rien ! Toute place grapillée est bonne à prendre et seuls les premiers ont les lauriers. Il va falloir cela à un moment donné pour atteindre de gros objectifs.

Et justement, je vais voir de me mettre en place des séances de sophrologie en guise de préparation mentale. Bien sûr, comme je ne suis pas professionnel, c'est à minorer en fonction du budget malheureusement.

J'aimerais aussi faire des grosses séances d'étirements/stretching de temps en temps. Apprendre les bases et je me le ferai chez moi en suivant.

Enfin, après mon repos bien mérité d'enchainements de préparation 100km à haut niveau depuis 1 an, je vais repartir à l'école ... A l'école d'athlétisme!!

Je n'ai jamais fait le travail athlétique étant jeune puisque je suis arrivé sur le tard. Je vais avoir 38ans mais j'ai l'envie. Donc je vais travailler mon pied. Ma souplesse de cheville. Je ne veux pas devenir sprinteur ni même pistard. Mais ce qui me motive c'est de pouvoir accélérer un peu sur distances courtes et notamment à l'entrainement sur des 200m-400m pour augmenter ma caisse. Mais aussi gagner, peut être, 1cm sur ma foulée et aller chercher autre chose sur marathon. (D'ailleurs je vous en reparlerais dans mon prochain objectif). Certes ce travail là n'est pas forcément utile pour du 100km, voire peut être nuisible, mais là j'en ai besoin. Moi je pense que je vais y trouver mes vraies capacités. A suivre...

 

Je voulais maintenant remercier le Staff France pour tout ce qu'ils font pour nous en stage et durant les championnats. Remercier mes partenaires, ma société SII, mon partenaire diététique sportive Ergysport, mon partenaire équipementier TenSport et mon club Blagnac SC. Mais aussi ma compagne, mes enfants et ma famille qui me soutiennent. Mon entraineur Ali Belkacem, mon second entraineur :) mon frère qui me suit en vélo lors de grandes matinées de dimanches, des amis DDX de Bruguières qui ont donné de leur temps aussi. Et vous tous qui m'envoyez des messages d'encouragements et de félicitations. MERCI MERCI MERCI

 

 

Au fait en 2016, il y aura un championnat du monde de 100km. YES !!!! (Lieu et date à finaliser)

Le championnat !

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Published by jeromebellanca - dans Blog
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commentaires

titi 25/09/2015 10:01

Jérôme,

je tenais simplement à envoyer ce petit mot, pour vous dire combien ce récit, comme tous les autres que je peux lire sur votre site, me procure beaucoup de plaisir. Nous nous sommes croisés sur un 100 km commun (enfin moi loin derrière ..), et je lis depuis très régulièrement vos messages, dans lesquels votre plaisir de partager vos émotions et vos sentiments est une joie pour vos lecteurs.

Et bien sur, comment ne pas vous féliciter, vous et tous les membres de l'équipe de France, de nous faire partager ces moments !!

Encore toutes mes félicitations, et mes remerciements pour votre passion et votre invetsissment.

amicalement

Thierry

jeromebellanca 06/11/2015 09:17

Merci pour ce message, cela me touche. Le but de ce blog est bien là, faire partager cette passion. Merci encore a bientôt sur un autre 100.

Mohamed 23/09/2015 17:51

Toutes mes félicitations et merci aux Coach de l'équipe de France de leur aide