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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 14:51

Et bien voilà ca y est les Championnats de France de marathon sont passés. Certes les France de marathon n’attirent pas les meilleurs spécialistes de la discipline car ceux-là n’ont aucuns intérêts à y participer. Le prestige du titre on me dira. Mais, en France, cela ne représente pas grand-chose surtout si on est professionnel. Pour exemple Christelle Daunay (je prends cet exemple car je suis ce qu’elle fait avec attention, je l’apprécie de loin car je ne l’a connait pas mais surtout car on a à peu près les même records sur les distances du 10km au marathon) qui est professionnelle a participé au marathon de New York ce dimanche 3 Novembre. Pourquoi n’a-t-elle pas fait Toulouse car la date était proche de celle de New York ? Elle aurait pris le titre de façon certaine sans même forcer son talent. Le parcours est plus roulant qu’a NY. Bref, toujours pareil. Là-bas elle a pu se frotter aux meilleures mondiales ou du moins européennes et ne pas se retrouver seule au 10eme kilomètre ! Le prestige ! Car NY est « à peine » un peu plus médiatisé que Toulouse. Quand on est pro cela compte. Et puis (mais ce n’est pas un mal), il y a des primes d’engagement et de résultat intéressantes. Qui dit professionnel dit pouvoir en vivre. Ce n’est pas une critique envers la Fédé, loin de là, puisque nous n’avons pas les moyens du foot mais par exemple moi pour mon titre sur 100km, la récompense a été la sélection en équipe de France mais on ne parle pas ici de primes ou autres. J’ai eu une médaille et la confirmation que je faisais partie des sélectionnables ce qui me satisfaisait énormément. Mais voilà pour des professionnels cela ne peut pas suffire et c’est normal.


Donc certains des meilleurs français hors professionnel ou semi pro étaient présents en ce dimanche 27 Octobre. D’ailleurs et comme à l’accoutumée, une présentation des Elites était faite le samedi 26 sur la place du Capitole. On retrouvait là les kenyans, éthiopiens, algériens mais aussi les français et françaises : Ruben Indongo, Cédric Pélissier, Julien Bartoli, Corinne Herbreteau, Martha Komu. Je montais à mon tour sur le podium en tant que lièvre des féminines.


MarathonToulouse2013_2MarathonToulouse2013_6

 

Le dimanche donc. Après un changement d’horaire, le départ de la maison se fait vers 7h de la nouvelle heure. Aie !! Il fait 18°C au thermomètre de la voiture. Moi je n’ai pas d’enjeu donc pas de soucis mais pour mon frère c’est son premier marathon. Bon l’avantage c’est qu’il ne pleut pas et qu’il n’y a pas de vent.


Comme d’habitude (pour moi), on se gare à un parking de métro et après quelques stations, on marchera sur 1 km pour rallier le départ. On est en tee shirt et il fait « trop » bon. On risque de souffrir en courant. Lors de l’échauffement, on commence déjà à suer. Houlà !!! Sur le footing de chauffe je sens que mes jambes sont lourdes. Je me dis que cela va passer au fil des minutes. Euh mais ça n’a pas l’air de s’arranger. Aie ça risque d’être dur aujourd’hui. Je pense que mon 100 fait il y a 15 jours m’a laissé des traces. Je me place sur la ligne de départ tandis que mon frère et les autres coureurs de mon club se retrouvent dans le sas préférentiels donc derrière tous les concurrents des France.

MarathonToulouse2013_3

Et nous voilà parti ! Système GPS de l’organisation accroché au bras, j’accélère doucement. Et rapidement il faut que j’accélère franchement car 2 filles sont devant moi. Bon je me dis que c’est juste la ligne droite. Mais non, passage au 1er kilo en 3’24. Bon ben on est sur les bases de mon record perso !!! Aller c’est le premier kilo et ça va ralentir. Euh ….ouais ….ca ralenti mais pas trop non plus. On fera des kilos en 3’30, 3’35. Au passage au 5eme on est sur des bases de 2h30’ tout juste. Dans ces premiers kilo, les françaises dont Aline Camboulives ne font rien pour réduire le train au contraire. Cette dernière va se mettre en tête du groupe jusqu’au 12eme kilo environ. L’allure est trop rapide. Je le dis à qui veut l’entendre mais ça ne change rien. L’enjeu est là. Les étrangères pour la gagne et les françaises pour le titre. Tout cela dans une ambiance crispée, nerveuse. Il s’en suit de nombreuses attaques de la part des unes et des autres, alors que l’on n’est même pas à la moitié. A ce moment-là, je pense que c’est mal barré pour elles car ça va trop vite et les attaques vont les flinguer. Euh moi aussi d’ailleurs. Et en plus il fait vraiment chaud. Mon maillot est humide comme si je courais sous une pluie fine. Depuis le début j’assume mon rôle mais j’avoue que j’ai mal aux cannes. Et je suis obligé de suivre toutes les attaques !!

Aline Camboulives discute de temps en temps avec certains et notamment JF Pontier (manager hors stade de la Fédé) qui passe en moto pour suivre les françaises. Elle dit qu’elle ne s’en rend pas compte (allure rapide) et qu’elle se sent bien. Euh oui mais le chemin est long. Moi à un moment donné vers le 7eme kilo, je lui dis que ça va  vite que l’on est sur du 2h30 et que la partie la plus dure du marathon de Toulouse est la deuxième moitié. Mais bon à chacun sa gestion de course.

MarathonToulouse2013_1

Après ces allures folles et ces diverses accélérations de chacune, nous voilà au  16-17eme kilo. Là tout d’un coup, alors que le peloton avance plus régulièrement et sur une allure tendant à donner au final du 2h36, une certaine Corinne Herbreteau vient se placer devant. En fait elle, elle avait pris une stratégie plus typée « marathon » en partant prudemment et en revenant petit à petit. Du coup elle n’a pas eu à subir les attaques. Je l’a sens déterminée, concentrée et stressée. Il y aura un petit coup d’accélération peu après. Là je me dis qu’elle aussi va se mettre dans le rouge pour la suite. Et puis tout rentre dans l’ordre. Le rythme régulier s’installe. Le peloton est assez important mais les féminines vont commencer à craquer une par une.

Passage au semi en 1h17’40’’.

Pour ma part j’accuse le coup.  Je commence à me dire que je vais peut être m’arrêter au 30eme et attendre mon frère. Mais avant cela il reste 9 bornes. Vers le 22eme kilo ca bouge encore au sein des filles. Mais au final Corinne est toujours calée derrière. Je l’avais rencontré la veille à la présentation du plateau et elle sait que je suis le lièvre. D’autres gars sont là et du coup ces dames ont plus qu’un lièvre. Je commence à être cuit, j’ai du mal à lever mes genoux. J’assure toujours le train mais tel la fin de mon 100 bornes je commence à attendre les panneaux kilométriques. 26, 27, 28. La côte la plus prononcée du parcours. Je suis toujours à l’allure voulue et le peloton s’étire. Corinne est toujours bien présente et ne fléchie pas, contrairement aux autres. Peu avant le 29, j’ai pris ma décision, pour cette année je n’accélérerais pas à partir du 30 et au contraire, je vais mettre le cligno pour me reposer et attendre mon frère.

Le 30 arrive, j’ai rempli mon contrat, le tempo est donné. Allez les filles, il ne reste qu’un quart de la course environ. Ca fait bizarre de s’arrêter là et je me comprends quand dans d’autres circonstances je vais jusqu’au bout du marathon. C'est tellement plus plaisant. J’aime cette distance. Surtout que là, il n’y a pas grand monde et que la foule des grands jours est bien présente en re rentrant dans la ville.


Je marche donc une centaine de mètres jusqu’au ravito. Je bois pas mal car la chaleur a fait son effet. En marchant je sens que j’ai les jambes courbaturées or sur 30 kilomètres à cette allure, je suis capable de les faire au pied levé presque n’importe quel dimanche matin. Mais pas aujourd’hui. On ne récupère pas d’un 100km comme cela.

A ce moment-là je me dis que j’ai bien fait de stopper. Par contre mon frère est censé arriver dans une dizaine de minutes et sur du 15km/h donc il va falloir repartir. Je doute sur mes capacités à prendre le rythme tellement je suis courbaturé. Je décide donc de trottiner au ralenti pour avoir un peu d’avance au cas où et laisser mes muscles en action. On m’encourage, on me dit de repartir !! Je leur réponds en souriant ! Ils doivent se dire qu’est ce qu’il fout celui-là. Et puis c’est le défilé. Des dizaines de participants me doublent. Je les encourage et j’en reconnais plus d’un ! Avec tout ça toujours pas mon frère. Ma montre m’indique la vitesse moyenne et elle se rapproche des 15km/h. A quelques imprécisions près, je sais quand mon frère doit arriver. Je passe le 34eme, toujours pas. Je sais à ce moment-là qu’il n’est plus dans les temps fixés : 15km/h de moyenne, 2h48’-2h49’ au final. Je reviens à la barrière de Paris, environ au km 34.5. Après une courbe à 90°, ça y est ! Le voilà !

Il n’a pas l’air bien. Il me le confirme. Pas bon d’être cuit ici mais près du but aussi. Dans l’enthousiasme, je ne me rends pas compte que je suis reparti dans son allure sans me soucier du mal aux jambes. Je supporte donc l’allure. Allez on y va !! C’est mon mot d’ordre que je n’arrêterais pas de lui répéter. Je me rends compte après coup qu’à certains moments ça a pu être chiant pour lui. Mais bon. J’ai essayé de penser à ce que je pouvais entendre dans sa situation pour être le plus positif possible et sans trop. Je connais le parcours et lui non même s’il connait la ville mais en courant c’est autre chose. Je lui dis d’amortir un peu jusqu’au pont des minimes car c’est un faux plat montant. C’est ce qu’il fera. Puis ca redescend un peu après jusqu’au 36eme. Là nous attaquons le centre ville et des passages ombragés arrivent. Je lui trace la route pour rester au maximum à l’ombre sans trop faire d’écart. Il a soif ! Je lui prends tous les ravitos pour ne pas qu’il s’arrête. Il boit il boit à ne plus s’arrêter. Je lui dis de faire attention car il risque de vomir avec le trop plein. Mais non, c’est une vraie soif et je lui porte des bouteilles sur des dizaines de mètres. Km 37 : on passe devant la famille. Je m’en sers comme point d’appui pour lui dire d’avancer. On repart vers le grand rond et le km 38. Au monument aux morts, j’entends « allez la famille Bellanca !!!» … merci c’est toujours sympa. Et là je sais que ça peut être dur pour lui car après le grand rond et pratiquement jusqu’au 41eme il y aura peu d’encouragements mise à part au jardin de plantes au 40eme. La chaleur est accablante maintenant. Je comprends sa douleur. Je le motive comme je peux. Je lui donne des points de repères.

On passe le 40. C’est dur. Mais peu après je lui indique ou est le 41 car ce point-là je sais que souvent on arrive à repartir un peu ou à rester à la même allure mais avec moins de douleurs car on sait que le final est là. Que ce kilomètre est long. Il me parait long à moi aussi tellement je le vois souffrir. Et puis ca y est on a le 41eme en vue. On passe la cellule de détection. C’est ligne droite jusqu’à 300m de l’arrivée. Une longue avenue que pour nous. Du public ici et là. Ca a tendance à descendre un peu. Mais surtout l’enthousiasme de la fin, nous fera reprendre une vitesse plus soutenue. On est derrière le Capitole. Un virage à gauche. On continue sur 150m, l’arche de l’arrivée est en vue. Le tapis rouge/rose est sous nos pieds. Je regarde le chrono. Je me mets derrière mon frère. Il franchit la ligne. Je suis. On s’arrête. Il marche devant vers la sortie. Je suis arrêté pour des photos. Je vais le rejoindre.

MarathonToulouse2013_4

MarathonToulouse2013_5

 

2h55’54 pour une première. Il et on espérait 15km/h donc 2h48’47. Cela représente 7 minutes de perdu. A cette allure et dans les conditions météo du jour c’est rien. Il s’en apercevra plus tard en regardant les temps de tous. A part les deux premiers au scratch, presque tous les autres ont ramassés. Et certains plus que 7 minutes alors qu’ils sont plus rapides donc cela représente encore plus.

Pour l’heure il est cuit mais… pas autant que moi sur mon premier marathon. D’ailleurs le lendemain et surlendemain il pourra marcher correctement et s’en remettra rapido. Moi je me souviens avoir passé le reste de la journée aux toilettes, avoir du mal à respirer car les muscles des épaules et les pectoraux étaient contractés et avoir les jambes en feu pendant une grosse semaine.


Sinon pour revenir sur la tête de course féminine, Corinne Herbreteau gagnera le marathon carrément !! en 2h37’50. A partir du 30eme, elle n’aura pas fléchit. Bravo à elle. J’ai d’ailleurs discuté avec elle après les récompenses et j’ai pu l’a félicité en direct. Bravo aussi à Aline Camboulives qui a tenu le coup car je l’a sentais mal parti avec tous ces à-coups et cette allure rapide de début de course. Elle finit 2eme féminine et à seulement 1 minute de Corinne. C’est du costaud.


Pour les hommes, je suis déçu pour Cédric Pélissier et Yannick Kerloch entre autres et je leur souhaite le meilleur pour la suite. Dommage aussi pour Julien Bartoli se situant un peu en dessous de moi (2h22’) et visant le 2h20’. D’autres confirment, je pense à Damien Bevenot qui bat son record sur ce parcours (2h33 l’an dernier), à Jérôme Martin bien revenu de sa longue blessure et reste dans ses temps malgré la chaleur, Damien Gayrard qui sors un 2h36’ au lieu de ses 2h34’ ici même y’a deux ans. Bravo au Satuc et à Team12, deux clubs de la région qui finissent respectivement 2eme et 3eme par équipe aux championnats de France.


Et pour finir bravo à mes amis du Team Olivan qui remportent le relais par équipe.

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Published by jeromebellanca - dans Blog
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commentaires

sophielastyliste 01/11/2014 13:58

Très sympa de vivre le marathon de Toulouse dans les pas d'une élite ! Merci !…Et bravo !